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L'actualité du monde de l'audiologie décryptée et synthétisée 

Vendredi 15 Mai 2020 | Par Lucile Perreau
Les oreilles des jeunes victimes du Covid-19 ?

Afin de pallier l’ennui ressenti pendant le confinement, de nombreux adolescents et jeunes enfants se sont probablement servis d’un casque audio ou d’écouteurs de façon longue et répétée, et ce, à un volume élevé. Dans ce contexte, l’association la Journée Nationale de l'Audition redoute une augmentation des dégénérescences auditives à un âge assez jeune. Elle souhaite rappeler les risques encourus ainsi que les bonnes pratiques d’écoute à mettre en œuvre afin de préserver la santé de nos oreilles.

 

Musique, vidéo et gaming… toutes ces opportunités de distraction impliquent la nécessité de se servir de nos yeux, mais également de nos oreilles. Durant ce confinement de près de 2 mois, il y a fort à parier que ces activités, déjà fort pratiquer en temps normal chez les jeunes, ont occupé une place prépondérante dans leur quotidien.

 

L’enquête Ifop – JNA « 2020 - 2030 quel avenir pour l’oreille des Français ? » réalisée avant le confinement, révélait que 34% des 15-17 ans et 27% des moins de 35 ans (VS 19% en moyenne) ont une écoute de sons avec écouteurs supérieure ou égale à 2 heures. De plus, respectivement 29%, 36% et 43% des 15-17 ans, 18-24 ans, 25-24 ans indiquent écouter le son avec écouteurs à volume élevé. Or selon les médecins ORL, la bonne pratique d’écoute de sons avec écouteur se situe à 1 heure et à moitié de volume par jour.

 

Cette même enquête a également dévoilé une autre information, près de 1 jeune de 17 à 34 ans sur 2 s’endort fréquemment avec les écouteurs sur les oreilles, et avec l’anxiété due à la pandémie, il est probable que nombre de jeunes s’endorment ainsi. Selon la JNA, le Smartphone revêtirait alors une sorte de fonction psychologique de « doudou ». Les experts de l’association rappellent pourtant que les mécanismes de l’audition n’ont pas la capacité de s’adapter à de telles doses de consommation.

 

Comme l’explique la JNA « outre les surdités, c’est également les sifflements et les bourdonnements dans les oreilles qui sont à craindre ». La même enquête a d’ailleurs indiqué une progression de 6 points entre 2017 et 2020, de ces pathologies. Elle a aussi estimé une augmentation de 31 à 37 % des personnes souffrant d’acouphènes permanents ou passagers entre 2017 et 2020. En effet, 1 jeune sur 2 âgé de 15 à 17 ans et 46% des 18-24 ans, ont aussi indiqué ressentir ou avoir déjà ressenti des sifflements ou bourdonnements suite à écoute prolongée.

 

Le respect des besoins physiologiques de l’oreille permet de s’assurer d’une compréhension rapide de la parole et d’une fluidité des fonctionnalités cognitives liées au cortex auditif c’est-à-dire les 3 fonctions clés de l’audition : l’alerte, la communication et les émotions. Il existe également une corrélation entre écoute prolongée, irritabilité et symptômes dépressifs chez l’adolescent.

 

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