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Mardi 25 Juin 2019 | Par Antoine Ericher
Entre l'homme et le singe, la perception de la hauteur des sons diverge

Une étude publiée le 10 juin 2019 par des chercheurs américains met en avant les différences de perception de la hauteur des sons entre les hommes et les singes. Cela pourrait être une des raisons du développement de la parole chez l'homme au cour de son évolution.

 

Parue dans la revue Nature Neuroscience le 10 juin dernier, cette étude réalisée par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technologies (MIT) et du National Institute of Health (NIH) compare la perception des sons entre l'homme et le singe. L'étude portait à l'origine sur les différences observables au niveau de l'audition, mais les résultats laissent à penser que la vue, chez l'homme et le singe, est semblable. Le Dr Conway (auteur principal de l'étude) s'est alors tourné vers des recherches antérieures sur l'audition réalisées par le Dr Norman-Haignere.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont observé et analysé le comportement et les réactions de l'activité cérébrale d'hommes et de macaques en les confrontant à des sons harmoniques ou des tonalités différentes, afin de comparer et analyser les réactions cérébrales de chaque cerveau, à l'aide d'imagerie à résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Les observations initiales montrent peu de différences dans toutes les gammes de fréquence entre l'homme et son ancêtre historique. En regardant plus attentivement les cartes des cortex auditifs, les chercheurs ont ainsi constaté que le cortex auditif humain dégage davantage d'activité relative entre les tons et les sons bruyants équivalents, que le cortex auditif du singe. Le cerveau humain serait alors plus sensible aux harmonies que les singes. Pour le Dr Conway "C'est lorsque nous avons rajouté une structure tonale aux sons que certaines de ces mêmes régions du cerveau humain sont devenus plus réactives ".

Afin de confirmer les résultats obtenus, d'autres expériences ont été réalisées. L'une vise à augmenter légèrement le volume des tons lors des enregistrements diffusés aux singes, l'autre diffuse des sons contenant des harmonies communes aux singes en jouant des cris d'appel de macaques (avec et sans bruit dérangeants). La première montre qu'augmenter le volume n’entraîne pas une sensibilisation accrue aux tonalités chez le cerveau du singe; la seconde montre une fois de plus que le cortex auditif humain est plus sensible que le cortex du singe, en comparant l'activité cérébrale entre les versions avec et sans les bruits gênants. Selon le Dr Conway, "Cette découverte suggère que la parole et la musique ont peut-être fondamentalement changé la façon dont notre cerveau traite les sons". 

Une vidéo explicative mettant en scène le Dr Conway est disponible ici

 

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