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L'actualité du monde de l'audiologie décryptée et synthétisée 

Jeudi 21 Décembre 2017 | Par Kessy Huebi Martel
Quand la musique tonne…

La revue Hear it publie cette semaine une étude qui pourrait presque porter à sourire. Des chercheurs néo-zélandais ont voulu comprendre les raisons de notre addiction aux fréquences élevées, malgré leurs conséquences nocives sur notre audition. Un échantillon de personnes âgées de 18 à 25 ans, principalement composé de clubbers, barmans, DJs ou autre profil évoluant dans le milieu de la fête a été sondé. Les résultats sont étonnants : les sons élevés auraient « des effets positifs sur notre bien-être », à défaut d’en avoir sur notre santé auditive...

L’étude va plus loin et définit quatre raisons qui expliqueraient l’appétence des plus jeunes pour la musique amplifiée : l’excitation ressentie, une socialisation facilitée, un masquage du son externe ou des pensées non désirées, ainsi qu’une amélioration de l’identité personnelle. Selon eux, « la musique forte est liée à la création d’un état émotionnel positif, comme l’enthousiasme et le bonheur ». Les rédacteurs de l’étude ajoutent que les sonorités amplifiées sont « un moyen d’éliminer les émotions indésirables ou (...) d’exercer un contrôle musical sur son état émotionnel ».

Plus encore, la musique amplifiée favoriserait les interactions sociales, allant même jusqu’à créer un sentiment de communauté. Mais l’étude révèle que la politique du volume élevée – aussi néfaste soit-elle pour notre audition – est parfois sciemment employée par les professionnels.


Fidéliser la clientèle
L’étude dispense une autre information intéressante : parfois, la musique est volontairement diffusée de façon amplifiée ! Les professionnels ont avoué que cette pratique avait « un effet positif sur les affaires », et aboutirait même à « fidéliser la clientèle », « attirer les clients » et... « réduire les conflits ». Pourtant, même s’il est un dicton qui affirme que la musique adoucit les mœurs, les auteurs de l’étude n’hésitent pas à qualifier d’environnement de travail « dangereux » les discothèques néo-zélandaises où ils ont mesuré des niveaux allant jusqu’à 97 dB.
Pour rappel, en France, la législation a limité en août le niveau sonore au sein des festivals et des discothèques de 105 à 102 décibels. Le niveau ne pourra excéder 94 décibels lorsque le public sera composé d’enfants de six ans et moins.

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