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L'actualité du monde de l'audiologie décryptée et synthétisée 

Lundi 29 Mai 2017 | Par Kessy Huebi Martel
Bruit au travail : Audika et OpinionWay mènent l’enquête

Le « Club Audika » organisait le 16 mai dernier sa première table ronde qui levait le voile sur une vaste enquête menée par Audika et OpinionWay en partenariat avec Bruit Parif. Première des trois thématiques développées par l’enseigne, l’enquête « Bruit et travail, frères ennemis ? », révèle les conséquences, souvent ignorées du grand public, des nuisances sonores perçues sur le lieu d’activité professionnelle. Les chiffres sont édifiants, et pour l’enquête, la situation relève d’un problème de Santé publique.

60 % des actifs de 35 ans et plus exposés au bruit disent l’être au moins plusieurs heures par jour ou en permanence, 8 actifs sur 10 dénoncent une exposition au bruit au travail supérieure à celle d’il y a 20 ans, 20 % des salariés français perdraient trente minutes de productivité chaque jour à cause du bruit, ce qui se traduirait par une perte de 23 milliards d’euros par an… Les données illustrant les ressentis des actifs sur leur lieu de travail sont unanimes. Pour les recueillir, l’enseigne Audika associée à l’institut de sondage OpinionWay a interrogé, au mois de janvier 2017, un panel composé d’un peu plus de 1000 personnes, âgées de 35 ans et plus. Les instigateurs du sondage ont également fait appel à la médecine du Travail, ainsi que l’observatoire du bruit au quotidien en Île-de-France (Bruitparif), et à chaque fois les résultats sont sans appel.

Deux types de nuisances : un même résultat

L’enquête identifie pour les actifs deux sources principales de nuisances sonores. Celle, plutôt familière, du « bruit fort et agressif à un moment donné ou sur une courte période ». Une sensation qui fait immédiatement songer aux métiers du BTP, ou de la métallurgie, au contact de bruits extrêmement sonores. Mais ce type de nuisance concerne aussi, même si cette réalité est moins connue, les dentistes, les barmen ou les coiffeurs qui côtoient eux aussi des instruments et outils capables de produire des bruits sourds ou stridents, comme le sèche-cheveux, la musique d’ambiance ou la fraise du dentiste...

L’autre forme de nuisance relève plus du « brouhaha », un bruit « constant sur un lieu de travail, étalé sur toute une journée et répété toute la semaine », selon les termes de l’enquête. Les plateformes de travail démunies de toutes cloisons — les fameux open-spaces — les sonneries de téléphones, les bruits extérieurs liés au trafic, les discussions, ou encore la musique diffusée dans certains lieux sont pointés du doigt. Pour l’enquête, cette ambiance affecte l’audition, et par extension l’humeur et la productivité de ceux qui y sont exposés. Une gêne dont serait consciente la majorité des personnes interrogées.

Dans les deux cas, les actifs sondés témoignent d’une dégradation de leur état de santé : apparition de troubles du sommeil, réduction de la motivation au travail et des performances, possible accélération du rythme cardiaque, augmentation du stress ou de l’anxiété sont ainsi légion. Des maux qui ne s’estompent pas à la fin de la journée, déteignent sur leur humeur générale, et tendent parfois à impacter leur sphère personnelle.

De la fatigue auditive à la surdité irréversible

L’enquête établit également un lien entre traumatisme auditif et surdité. Certains appareils comme le sèche-cheveux — pour reprendre les exemples précités — peuvent produire un volume supérieur à 80 décibels, soit une nuisance très proche des limites prévues par le Code du travail. Les Barmen côtoient quotidiennement un environnement bruyant fait de bruits extérieurs incessants et d’une ambiance musicale particulièrement sonore. Le cas des dentistes est tout aussi alarmant : passé 50 ans, un praticien sur deux « présente une atteinte irréversible de l’audition ». Pour Audika, ces nuisances peuvent engendrer des acouphènes, jusqu’à une hypoacousie nette entraînant une gêne sociale.

Des conséquences possiblement ignorées par la plupart des intéressés, dont la moitié n’aurait pas l’intention d’agir sur leur environnement sonore actuel. Même au niveau hiérarchique, la réduction du bruit ne semble pas être une priorité « dans les tâches à gérer par les patrons », qui percevraient la santé auditive comme « secondaire ». Une notion qui ne devrait pourtant pas être prise à la légère : 11 % des actifs envisagent de changer de métier, voire de vie pour ne plus souffrir des nuisances sonores.

Le Club Audika réunit tous ceux — grands acteurs des médias, chercheurs, médecins ORL, acteurs et professionnels de l’audition, fabricants de haute technologie auditive… – qui œuvrent pour faire reculer les déficiences auditives, pour faire avancer sciences, techniques et engagement au service de l’audition.

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